Réforme DPE 2027 : quels biens vont gagner une classe énergétique ?
Un projet d'arrêté prévoit de faire passer le coefficient d'énergie primaire de l'électricité à 1,7 dès 2027. Quels logements en bénéficieront concrètement ?

Réforme DPE 2027 : quels biens vont gagner une classe énergétique ?
Un projet d'arrêté en consultation publique prévoit d'abaisser le coefficient d'énergie primaire de l'électricité de 1,9 à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Cette modification technique, discrète en apparence, aura des effets très concrets sur les étiquettes énergétiques de nombreux logements chauffés à l'électricité. Pour les propriétaires comme pour les acheteurs, l'enjeu est réel : une classe gagnée peut changer la valeur d'un bien, sa louabilité et son attractivité sur le marché.
Voici ce qu'il faut comprendre avant 2027, et comment anticiper l'impact de cette réforme sur votre patrimoine immobilier.
Ce que change le coefficient d'énergie primaire
Le DPE ne mesure pas directement la consommation en kilowattheures finaux (ce que vous consommez réellement). Il convertit cette énergie finale en énergie primaire, c'est-à-dire en tenant compte des pertes liées à la production et au transport de l'énergie. Pour l'électricité, ce facteur de conversion s'appelle le coefficient d'énergie primaire.
Plus ce coefficient est élevé, plus la consommation électrique pèse lourd dans le calcul du DPE. En passant de 2,3 à 1,9 en 2021, puis à 1,7 en 2027 si l'arrêté est validé, l'État réduit mécaniquement le poids de l'électricité dans la note énergétique. Un logement qui consomme autant qu'avant se verra attribuer un score d'énergie primaire plus bas, donc potentiellement une meilleure classe.
Quels logements sont concernés par ce gain de classe ?
Seuls les logements chauffés principalement à l'électricité bénéficieront de cette revalorisation. Les biens au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas affectés par ce paramètre.
Les profils les plus susceptibles de gagner une classe en 2027 sont :
Les appartements chauffés par convecteurs électriques, très répandus dans les constructions des années 1980 à 2000
Les maisons individuelles équipées de radiateurs électriques sans pompe à chaleur
Les logements avec plancher chauffant électrique
Les biens déjà équipés d'une pompe à chaleur air/air ou air/eau, qui verront leur avantage encore consolidé
En pratique, un bien classé F ou E avec un chauffage électrique tout-électrique pourrait passer en E ou D sans aucun travaux. C'est un effet purement réglementaire, mais ses conséquences sur le marché sont bien réelles.
L'impact concret sur la valeur et la louabilité des biens
La classe énergétique est devenue un critère de valeur à part entière. Un logement classé F est aujourd'hui considéré comme une passoire thermique et subit une décote à la vente, parfois importante selon la localisation. À partir de 2028, les logements G ne pourront plus être mis en location, et les F suivront en 2034.
Gagner une classe grâce à la réforme de 2027 peut donc avoir plusieurs effets :
Sortir d'une catégorie interdite à la location (G vers F, ou F vers E) sans investissement en travaux
Réduire la décote appliquée par les acheteurs et les experts lors d'une estimation
Élargir le profil des acquéreurs éligibles à un financement bancaire classique sans condition de travaux
Améliorer la présentation du bien dans les annonces immobilières
Ce que cela ne règle pas
Il serait trompeur de présenter cette réforme comme un remède universel. Le coefficient d'énergie primaire ne modifie pas les déperditions thermiques réelles d'un bâtiment. Un logement mal isolé, avec des fenêtres simple vitrage ou une toiture non traitée, restera inconfortable et coûteux à chauffer, quelle que soit l'étiquette affichée.
Par ailleurs, le DPE repose sur deux indicateurs : la consommation d'énergie primaire ET les émissions de gaz à effet de serre. La note finale correspond au moins bon des deux. Un bien classé G sur les émissions le restera, même si l'indicateur énergie primaire s'améliore. Il convient donc de vérifier, pour chaque bien, lequel des deux critères détermine la classe actuelle.
Faut-il attendre 2027 pour vendre ou rénover ?
La question se pose légitimement pour les propriétaires de logements tout-électriques actuellement classés F ou G sur le seul critère énergie primaire. Attendre le 1er janvier 2027 pour faire refaire un DPE pourrait suffire à changer la classe sans engager de travaux. Mais cette fenêtre d'opportunité comporte des limites :
L'arrêté n'est pas encore définitivement adopté : il est en consultation publique et pourrait être modifié
Un DPE refait coûte entre 100 et 300 euros selon le prestataire et la surface du bien
Le marché immobilier n'attendra pas nécessairement : mettre en vente un bien avec un bon DPE dès 2027 peut permettre de capter les acheteurs de printemps
Si des travaux restent nécessaires (isolation, menuiseries), les délais de chantier plaident pour ne pas tout remettre à la dernière minute
Questions fréquentes
Mon DPE actuel sera-t-il automatiquement mis à jour en 2027 ?
Non. Un DPE existant ne se met pas à jour automatiquement. Il faudra en commander un nouveau auprès d'un diagnostiqueur certifié pour bénéficier du nouveau coefficient. La date du diagnostic fait foi.
Comment savoir si mon bien peut gagner une classe ?
Il faut consulter votre DPE actuel et vérifier lequel des deux critères (énergie primaire ou émissions GES) détermine votre classe. Si c'est l'énergie primaire et que votre chauffage est électrique, vous êtes potentiellement concerné. Un professionnel de l'immobilier ou un diagnostiqueur peut analyser votre situation précisément.
Un bien classé G peut-il passer en E grâce à cette réforme ?
C'est théoriquement possible mais peu probable en un seul saut. Le gain d'une classe est le scénario le plus courant. Passer de G à E nécessiterait que le bien soit très proche des seuils intermédiaires et que l'énergie primaire soit le seul facteur limitant.
Cette réforme concerne-t-elle aussi les logements en copropriété ?
Oui, dès lors que le chauffage est électrique individuel (radiateurs, plancher chauffant). Les copropriétés avec chauffage collectif au gaz ou au fioul ne sont pas concernées par ce changement de coefficient.
Pourquoi l'État baisse-t-il ce coefficient ?
Cette décision s'inscrit dans la stratégie nationale d'électrification des usages. En valorisant davantage l'électricité dans le calcul du DPE, l'État incite à remplacer les chaudières à énergie fossile par des équipements électriques, notamment les pompes à chaleur. Le coefficient de 1,7 reflète également l'amélioration du mix énergétique français, plus décarboné.
L'essentiel à retenir
Le coefficient d'énergie primaire de l'électricité passera de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027, si l'arrêté en consultation est adopté
Seuls les logements à chauffage principalement électrique sont concernés par ce gain potentiel de classe
Le gain de classe n'est effectif qu'après refaire un DPE : il n'est pas automatique
La classe finale dépend du moins bon des deux critères (énergie primaire et émissions GES) : vérifiez les deux avant d'anticiper
Attendre 2027 peut être stratégique, à condition que l'arrêté soit confirmé et que le calendrier de vente le permette
Si vous êtes propriétaire d'un bien tout-électrique dans le secteur de Meulan, Mantes ou le Vexin Français et que vous souhaitez évaluer l'impact de cette réforme sur votre projet de vente, un professionnel de l'immobilier ancré dans le territoire peut vous aider à y voir clair et à préparer votre stratégie sereinement.


